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Yog Sothoth album Free Jazz et Rock Progressif

Yog Sothoth

Le maitre de l’Horreur de Providence n’a sans doute jamais tenu un instrument de musique entre ses mains. Et pourtant, au détour d’un carton de vide-greniers, il montre le bout de son nez. Quand on chine dans les bacs de vinyles d’une brocante ou d’un vide-greniers, il faut avoir la truffe et l’œil aiguisé. Et parfois, une pochette accroche le regard, le nom de l’album ou d’un groupe titille les méninges. Le Label sur lequel est paru l’album doit aussi nous alerter.
Ce matin là, un Label (Cryonic Inc.), une pochette et un nom :
Yog Sothoth.
Ce nom est directement inspiré de l’univers et du bestiaire monstrueux de Lovecraft. Trois raisons de sortir l’album du bac de disques et de repartir avec.

Yog Sothoth, Jazz, Musique de Chambre progressive et Zeuhl.

Verso Pochette album (clic sur l’image)

J’ai bien entendu recherché des informations sur ce groupe et cet album sur le net. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont rares. L’album date de 1984, il est sorti sur le Label Cryonic Inc., label qui a publié des albums d’Art Zoyd, de Zao, Komintern (et autres). Autant dire des musiques, des groupes aux univers particuliers et exigeants ! Yog Sothoth était un quintette de musiciens français : Pascal Morrow (violon), Philippe Guillot (saxophones, flûte), Jean-Yves Joron (claviers), Pierre-Gédeon Monteil (basse) et Olivier Lechien (batterie) et en invités : Mark Sims (trombone) Camille Camilleri (chant). Cet album au titre éponyme sera leur seul album.

La musique de Yog Sothoth se situe à différents carrefours. On peut évoquer l’ombre d’un groupe comme Henry Cow et les racines progressives de la scène de Canterbury, mais aussi un jazz fusion à la Magma. Un album d’une belle richesse, un jeu de basse puissant, une batterie qui pousse bien, des sonorités prog dont le groupe s’échappe régulièrement pour un jazz avant gardiste, l’esprit de Stravinski (Magma n’est pas loin) et jusqu’aux confins du free-jazz. Ne cherchez surtout pas dans les compositions de Yog Sothoth un fil conducteur, des thèmes, ou une mélodie à laquelle se raccrocher. Mais on se laisse embarquer dans un territoire étrange, sombre, énergique.

Du son pour vous mettre en appétit

Le premier titre de l’album « Nekrosis » [17’40] va vous ouvrir l’appétit. Le second titre de l’album « Maint Rêve Vespéral Brûlé Par le Phénix » [5’00] est une improvisation libre à l’ambiance inquiétante. Le titre « Fou : L’Art Noir » [22’10] qui occupe toute la seconde face va naviguer vers des rivages nettement free-jazz, titre sur lequel la chanteuse va poser une voix singulière.

Une belle découverte, la découverte d’un album rare et confidentiel. Alors que tant d’albums insignifiants sont réédités pour appâter les gogos avec de la couleur, il en est dont on se demande pourquoi ils restent dans les limbes. En conclusion, cet album de Yog Sothoth mériterai une réédition pour le plus grand plaisir des amateurs de musique parallèle.

Un album qui s’inspire à la fois du jazz pur, de l’improvisation libre, du rock progressif intimiste et du zeuhl. Un coté sombre et inquiétant, un territoire musical étrange.

Artiste / Yog Sothoth
Album / Yog Sothoth (1984)
Label / Cryonic Inc.
Référence / MAD 3010
Année de Pressage / 1984
Code Barre /

Album
Pressage
Pochette / extras
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